Cmr Cemec Ratier

De WikiDneprUral.

par PhiZo

CMR

Au lendemain de la libération, les administrations militaires françaises partent de pas grand chose et doivent, malgré le piètre état de l'appareil industriel – désorganisé, détruit ou rançonné pendant les hostilités - construire et développer un nouveau parc motocycliste.

A cet effet est créé le CMR (Centre de Montage et de Réparation) dont le rôle est de réquisitionner les motos (principalement des BMW R12), épaves et pièces abandonnées par l'occupant en fuite.

On accommode également les restes en montant des moteurs de BMW R75 dans des cadres de BMW R71… Cette spécificité française (on la suppose réalisée sans l'agrément de BMW !!!) est connue sous le nom de R73

Le CMR disparaît après avoir livré environ 300 R12 et 80 R73.

CEMEC

En 1945, le CEMEC ( Centre d'Études des Moteurs à Explosion et Combustion, situé à Bièvres) reprend le stock, et le flambeau, avec mission de poursuivre la fourniture de motocyclettes.

Elle continue à assembler les restes mais doit effectuer de plus en plus de fabrications des pièces manquantes jusqu'à, pour finir, concevoir le véhicule entier !!

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Le premier véhicule produit est la L7 (L pour Latérale), une 750 cm3 à soupapes latérales, qui fut produite de 1948 à 1954. Malgré sa ressemblance avec les BMW il s'agit pourtant d'une moto de réalisation (sinon de conception ) entièrement française. On note plus particulièrement le bloc-moteur en une seule pièce.

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Un bel attelage sur base de CEMEC L7

PhiZo - Coupes Moto-Légende 2002

La L7 fut fabriquée à 1500 exemplaires.

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Une L7. On admire la magnifique tubulure d'admission !

PhiZo - Riom 14/12/03

Puis le besoin se fait sentir, en 1953, de créer un modèle aux performances améliorées, capable d'atteindre 150 km/h. La C8 (C pour Culbutée) est alors étudiée. Malheureusement, la situation financière de la CEMEC n'est pas brillante et elle est mise en faillite en 1954.


RATIER

Cette fois-ci, le fond est racheté par RATIER, une firme de Montrouge datant de la 1ère guerre mondiale, jusqu'alors spécialisée dans la fabrication d'hélices.

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Ratier continue donc la production des L7 ( beaucoup de motos avec le logo RATIER sur le réservoir ont des fonderies marquées CEMEC...) et termine la C8 (en fait une L7 sur laquelle sont greffés des cylindres et distribution de R75).

Cette C8 fut utilisée comme base pour la réalisation de la C6S.

Cette machine est étudiée en 1958, année noire pour Ratier qui ne bénéficie pas des commandes escomptées et va à la banqueroute. En 1959, la société est rachetée par son voisin de pallier, Thomson CSF, firme d'électronique.

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Moteur RATIER culbuté aux couvre-culasses caractéristiques. Y'a quand même un air de famille...

PhiZo - Coupes Moto-Légende 2002

A partir de 1960, Thomson lance la production, sous le logo "RATIER", essayant de trouver des débouchés aussi bien vers l'administration – sortant même un modèle "radio"- que vers le marché civil avec une tentative d'implantation aux Etats-Unis (le modèle "América").

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Une Ratier "Radio" : le réservoir, muni d'un couvercle (relevé sur la photo) est évidé pour placer l'appareillage.

"Le grand dictionnaire des motos françaises" par Dominique Pascal – Charles Massin éditeur

Un modèle similaire, vu de l'autre coté, la boîte à malices est fermée...

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Ratier 600 de 1960 destinée au marché américain

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Extrait d'un prospectus Thomson CSF pour la C6S

"L'encyclopédie de la moto" par Hugo Wilson - Editions GRUND / 1996

De Gaulle, paraît-il, ne désirait pas de motos allemandes dans son escorte, aussi la C6S fut choisie pour équiper la garde présidentielle.

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RATIER de la Police Nationale

PhiZo - Musée Baster Riom

Elle pouvait atteindre 160 km/h (32 CV à 6200 t/min). Certains exemplaires de la production, pris par hasard, étaient testés sévèrement sur le circuit de Montlhéry (Ah, les coupes Moto-Légende !!!).

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Cherrier pilote une Ratier à Montlhéry

"Le grand dictionnaire des motos françaises" par Dominique Pascal – Charles Massin éditeur

Malgré une réputation de solidité qui n'a rien à envier aux BMW, quelques problèmes de jeunesse (consommation d'huile, générateur trop faible) contrecarrent la fourniture aux administrations où elle est supplantée par les BMW (et parfois d'autres marques telles que BSA pour la gendarmerie ou -paraît-il- CONDOR pour la police parisienne...)

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La C6S en chiffres :

produite de 1960 à 1963 en environ 1000 exemplaires

Moteur bicylindre à plat de 594 cm3

32 CV à 6200 t/min.

embrayage monodisque à sec, 4 vitesses et transmission par cardan.

Poids : 195 kg, Vitesse 160 km/h

??? (D.R.)

Finalement, en 1962, la CSF jette l'éponge et décide d'abandonner la production motocycliste pour se destiner exclusivement à son activité première : les transmissions et l'armement (et comme un malheur n'arrive jamais seul, la fameuse escorte présidentielle se dote en BMW R69 - snif-).

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Un magnifique attelage pour cette RATIER !

PhiZo - Musée Baster Riom
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